Reda rappe pendant le tournage de Red Bull Spinner au Red Bull Studio.
© Apolline Cornuet
Musique

Rencontre avec Reda

Red Bull Spinner : quatre jeunes artistes vous emmènent dans leur spirale musicale.
Écrit par Genono
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublished on
Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
Skia, Djalito, Rimkus et Reda ont tous des profils très différents mais partagent en commun l’amour de la musique et un certain talent pour se démarquer. Réuni au Red Bull Studio, le quatuor a enregistré un titre énergique et puissant, sur une production aux accents drill de Moonchild.

Présentation

  • Pseudo : Reda
  • Explication du nom : Il s’agit de son deuxième prénom, celui qu’il utilise au quotidien. Son premier prénom – qu’il préfère garder pour lui – n’est employé que par sa famille
  • Âge : 23 ans
  • Localisation : Boujival, dans le 78, un département qu’il considère malheureusement « oublié par les médias quand on parle de rap »
Portrait du rappeur Reda pour Red Bull Spinner.

Reda pour Red Bull Spinner

© Apolline Cornuet

Les débuts

Passionné de rap depuis tout jeune, Reda se lance dans la musique en suivant un schéma assez traditionnel : « À la base, je rappais les freestyles des plus grands. C’est quelque chose que je faisais très régulièrement. À force, j’ai commencé à rapper de mon côté, à écrire des petits bouts de phrase. C’est même pas une envie particulière, c’est venu naturellement, à l’âge de 13-14 ans ». Le jeune rappeur se prend rapidement au jeu et surtout, fait immédiatement les choses avec sérieux et ambition. « Je me suis dit que c’était sérieux la première fois que je suis allé en studio professionnel, avec du matériel, des tables de mixage. Je me suis dit : je vais pas rentrer là-dedans pour rigoler, je suis pas là pour faire marrer les gens ». Quand je me lance dans quelque chose, je le fais à fond. Sinon, ça sert à rien que je me lance ». Encore jeune et en plein développement, Reda est désormais concentré sur sa progression et le gain de visibilité qui devrait en découler.

Ses influences

Malgré son âge, Reda est influencé par le rap français des générations qui l’ont précédé. Sur « Le son des halls », on l’entend d’ailleurs dire « je rappe depuis le tch-tch de Lino », une référence qui fait plaisir venant d’un jeune homme de 23 ans. « Quand j’étais plus jeune, j’écoutais que ça : Ärsenik, Lunatic, Secteur Ä… Je me suis branché à la génération qui était là avant moi. Je suis tombé dessus par le biais de grands de chez moi. Ils écoutaient beaucoup de son et j’avais envie de découvrir ce que c’était ». Une véritable éducation musicale qu’il poursuit avec beaucoup d’implication et de sérieux : « La seule génération que je n’ai pas connue, c’est celle de NTM et IAM. C’est en grandissant que je me suis mis à les écouter. Quand je me suis mis à rapper, je me suis dit : il faut que je connaisse tous ces gens, les piliers du rap ».
Respectueux de ses aînés, Reda est tout de même conscient que le rap français actuel a également beaucoup à lui apporter. « Le rap était mieux avant dans les paroles mais il est meilleur aujourd'hui sur le plan du flow. Avant, tout se jouait sur le texte. Même s’il n’y avait pas forcément toujours un message précis, ça rappait pas juste pour rapper, il y avait une réalité derrière ». Reda, lui, prend le meilleur des deux époques : « J’ai un flow d’aujourd’hui mais j’ai des textes de l’époque où il y avait des messages ».

Son morceau-phare

« Le morceau qui me représente à 100%, c’est « Le R #1 ». Premier épisode de la série de freestyles « Le R », ce titre mêlant introspection et description brute de la vie en banlieue a permis à Reda de participer à la semaine Planète Rap consacrée à la saison 2 de « Validé ». « Le son est long, c’est du rap pur, je raconte ma vie en vrai de vrai ». Avec sa prod épurée signée Cabs, « Le R #1 » résume bien les différentes influences du rappeur, qui fait aussi bien référence à Jul qu’à Rohff.
Le rappeur Reda en plein freestyle pendant le tournage de Red Bull Spinner au Red Bull Studio.

Reda en pleine performance au Red Bull Studio

© Apolline Cornuet

Le freestyle

Initialement prévu sur un autre épisode, Reda a été invité sur ce troisième freestyle de la saison à la dernière minute pour pallier une absence. Face à l’urgence, il a fait preuve d’un excellent état d’esprit, n’hésitant pas une minute à faire le déplacement, après avoir écrit son texte « la veille à 23h30 ». Il se retrouve en studio face à des artistes dont il connaît déjà le travail : « Ça sert à rien de se mentir : nous, les rappeurs, on regarde tout ce qui se fait ». La prod de Moonchild correspond parfaitement aux préférences de Reda : malgré sa rythmique drill, « elle a des sonorités rap ». L’équilibre entre les influences old school et new school est donc idéal pour lui. « Les percussions font que c’est de la drill mais la mélodie fait que c’est du rap. Dans tous les cas, je suis dans mon élément ».

La suite

Reda est réellement actif depuis 2016, une époque où il affiche un visage très juvénile dans ses premiers clips. Au charbon depuis cette période, il a entamé une nouvelle dynamique avec la série de freestyles « Le R » qui devrait lui permettre de faire monter la pression et de s’imposer parmi la nouvelle génération de kickeurs. Aucun projet n’est prévu pour le moment, puisque l’objectif est de performer à travers cette série et d’exploiter les éventuelles opportunités qui se présentent, comme cet épisode de Red Bull Spinner.